Première nuit sous couvre-feu, et au réveil, le constat est lourd. Au Lamentin, le gymnase du collège Édouard-Glissant a été ravagé par les flammes. Un équipement utilisé par les élèves, mais aussi par des associations sportives. À Ducos, trois adolescents âgés de 16 et 17 ans ont été blessés par arme à feu hier soir. L’un d’eux se trouve dans un état grave. Toujours au Lamentin, huit véhicules ont été incendiés chez Centre Auto. À Fort-de-France, dans le quartier de Sainte-Thérèse, des carcasses de voitures obstruent encore la chaussée. Un incendie a également été signalé au rond-point de la Meynard. Des dégâts constatés au lendemain de la première nuit de couvre-feu dans six communes de l’île, dont Fort-de-France, Le Lamentin et Le Robert. Un couvre-feu instauré pour tenter de ramener le calme, mais au petit matin, les flammes et les destructions sont encore bien visibles. Et au-delà des dégâts matériels, ce sont les élèves, les personnels du collège et les associations sportives qui se retrouvent privés de leurs installations.
Alors que six communes de Martinique sont sous couvre-feu depuis mardi soir, la vigilance est aussi de mise dans les secteurs épargnés par les restrictions. Aux Trois-Îlets, plusieurs dégradations ont été constatées dans la nuit de lundi à mardi : le commerce Caraïbes Price a été vandalisé, des pneus de véhicules de La Poste ont été crevés et une tentative de vol de voiture a été signalée. La municipalité craint notamment un possible déplacement des violences vers les communes non concernées par le couvre-feu. La maire, Nathalie Grat, assure donc que ses équipes restent mobilisées aux côtés des forces de l’ordre, avec un objectif : protéger les commerces, sécuriser les axes routiers et éviter l’escalade. Mais l’élue tient aussi à rappeler que si les revendications sociales sont légitimes, les méthodes doivent évoluer. Elle appelle à trouver d’autres moyens de se faire entendre, tout en réclamant des réponses concrètes aux difficultés économiques et sociales de la Martinique.